Au début du XIIIe siècle, cette terre de marais et son petit port de l’abbé deviennent le premier accès méditerranéen du roi de France. Une forte tour est mise en chantier et des privilèges, comme une exonération d’impôts attirent les tout premiers Aigues-Mortais.

En 1248, le roi Louis IX et ses 25.000 hommes, en partance pour la 7ème croisade, font appel aux armateurs génois qui ont ancré leur flotte dans la baie. Ils prennent Damiette, belle ville fortifiée puis subissent une totale défaite à Mansourah. Louis, fait prisonnier, est rendu contre une lourde rançon.

En 1270, le roi confie à un génois le soin de bâtir des remparts comme il en a vu à Damiette, avant d’embarquer, cette fois pour Carthage, où il compte convertir le sultan à cette 8ème croisade. Le siège s’éternise et le roi meurt de dysenterie. 

En 1300, la cité fortifiée et la tour Carbonnière qui la protège sont achevées. Comme souvent dans l’histoire des ouvrages militaires, elle ne sera pas d’utilité.


Le port connait une belle activité grâce aux droits et octrois qui rendent la cité prospère. Au milieu du XVe, Jacques Cœur en fait sa base pour ses échanges avec le Levant. L’ensablement régulier du port met un terme à cette prospérité et Marseille lui est bientôt préférée.

Suite à la révocation de l’édit de Nantes en 1685, de protestante, la cité devient prison pour nombre de camisards, qui attendent par centaines d’être déportés aux Antilles. En 1768, Marie Durand, une prisonnière célèbre, est enfin libérée et 10 ans plus tard le protestantisme est enfin reconnu.

La paix revient, les marais sont asséchés et le cours du Vistre détourné. La cité devient vite un haut lieu touristique. Mérimée, Chateaubriand séjournent dans la vieille cité. Alexandre Dumas en parle. Bientôt ce sera Lawrence d’Arabie qui la visitera et «Le jardin d’Eden» d’Hemmingway y fera référence.

Aujourd’hui, la cité a conservé sa grandeur d’origine et demeure un endroit idéal pour passer une journée à remonter le temps.

At the beginning of the XIIIth century, this land of swamps and its small Abbot port becomes the first access to the Mediterranean Sea for the King of France. A strong tower is built on this site and some benefits, such as the tax exemption, attracts the very first habitants of Aigues-Mortes.

In year 1248, the King Louis IX and his 25.000 men, in departure for the VIIth crusade, call upon the ship-owners from Genova who anchored their fleet in the bay. They take Damiette, beautiful fortified city, but are then defeated at Mansourah. Louis, is made prisoner, but is then returned in exchange of a heavy ransom.

In 1270, the King entrusts a Genovese to build ramparts like the ones he saw in Damiette, before embarking this time for Carthage where he intends to convert the sultan during this VIIIth crusade. The siege lasts forever and the king dies of dysentery.

In the year 1300, the fortified city and the Carbonnière tower, which protects it, are completed. As often in the history of fortifications, it will not be of any further use.

The port prospers thanks to the rights and grants. In the middle of the XVth century, under Jacques Cœur, Aigues-Mortes becomes a base for his exchanges with the Levant. The regular stranding of the port puts an end to this prosperity and Marseilles is soon preferred.

Following the revocation of the Edict of Nantes in 1685, from Protestant, the city becomes a prison for a number of “camisards”, which wait by hundreds to be deported to the Antilles islands. In 1768, Marie Durand, a famous prisoner, is finally released and 10 years later Protestantism is recognized.

Peace returns, the swamps are drained and the flows of the Vistre River diverted. The city quickly becomes a high touristic place. Mérimée, Chateaubriand, both remain in the old city. Alexandre Dumas speaks about the city too. Soon it will be Lawrence of Arabia which will visit Aigues-Mortes, and “the garden of Eden” of Hemmingway will refer to the city.

Today, Aigues-Mortes has preserved its original beauties and greatness, and remains an ideal place to spend a day trip, or just to go back in time.